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"La genèse" de Memory Tracks

 

Si la libération était attendue par l’immense majorité des français et a ainsi suscité joie, allégresse, et reconnaissance infinie à l’égard des armées alliées, le prix à payer par tous fut considérable :  209 672 combattants alliés furent tués, blessés ou portés disparus. Pour leur part, 80 000 soldats allemands ont été tués ou ont été portés disparus, et 170 000 ont été blessés.


Plus de 3 mois de très durs combats seront en effet nécessaires pour que la Normandie soit entièrement libérée du joug nazi. Le 12 septembre 1944, détruite à 80 %, Le Havre sera ainsi la dernière grande ville normande à être délivrée. Neuf jours après la libération de Bruxelles ...

Les civils normands payèrent eux aussi un très lourd tribut à la libération de leur région. On estime en effet à 20 000 le nombre de civils ayant perdu la vie à la fin de l’été 1944, et celui des blessés graves lui est malheureusement bien supérieur.
Ma famille maternelle fut l'une de ces familles tout particulièrement éprouvées par la violence des événements de juin et juillet 1944, et je pense souvent à mes grands-parents...

A mon grand-père, Henri Le Rasle, médecin à Caen, spécialiste de la transfusion sanguine, et alors chef du service de pédiatrie de l'hôpital, qui, dès le 6 juin et jusqu'à la fin de la bataille de Caen, a déployé tant d'énergie à soigner tous les blessés transportés à l'hôpital.

A ma grand-mère, Denise, partie dans la nuit du 6 au 7 juin se réfugier avec ses 7 enfants et sa belle-mère dans l'abri voisin sans imaginer un instant que deux bombes allaient s'abattre sur eux quelques heures plus tard.
Vingt-sept ans après sa mort, en 1995, je me demande encore régulièrement comment sa raison ne l'a pas quittée ce jour-là...

Et je pense enfin, à ma maman, à mon oncle, à mes tantes, marqués à jamais dans leur chair et dans leurs âmes...

 

Dans les années 70 ou au tout début des années 80, les monuments étaient certes nombreux mais les musées dédiés au D-Day et aux combats de l’été 1944 restaient relativement rares. Des sites historiques tels que les Batteries de Crisbecq, Azeville, Longues, Merville, ou la station Radar de Douvres la Délivrande et le le Poste de Commandement Hillman, étaient redevenus silencieux et les vaches avaient - pacifiquement - pris la relève des garnisons allemandes.

Depuis les années 90, l’intérêt pour le D-Day et la Bataille de Normandie semble au contraire grandissant.
A-t-on pressenti que les derniers vétérans et les derniers témoins civils allaient nous quitter, et, avec eux, la mémoire d’un événement historique majeur ?


Il semble maintenant évident aux yeux de beaucoup qu’il faut éviter l’oubli et, grâce à l’énergie déployée par de nombreux passionnés, au soutien des collectivités publiques normandes, beaucoup de sites ont été préservés puis restaurés, de nombreux musées ont ouvert leurs portes et présentent aujourd'hui des collections et des témoignages d’un grand intérêt sur les plans historique et humain.

Les Circuits de Mémoire proposés par Memory Tracks sont ainsi ma contribution personnelle à ce devoir de mémoire…


                          Franck Gobert

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